ABMM - Telethon Belgique









Les 11 projets de recherche soutenus par le Téléthon Belgique 2015-2016



"Le Téléthon c'est le refus de baisser les bras devant l'adversité, c'est la solidarité en actes, c'est la conviction que l'effort de recherche apportera des solutions."
"Le Téléthon c'est le refus de baisser les bras devant l'adversité, c'est la solidarité en actes, c'est la conviction que l'effort de recherche apportera des solutions."
Suite à notre appel d'offres, nous avons reçu 16 projets. Deux d'entre eux n'ont pas été retenus par le Conseil scientifique réuni en séance plénière le 28 novembre 2015 à La Louvière car ils n'entraient pas dans le cadre de notre appel à projets.

Nous avons donc retenu 14 projets de recherche. 11 ont été financés avec les fonds récoltés à l'occasion du Téléthon Belgique 2015-2016, 3 projets ont été reportés et seront financés en priorité par le Téléthon Belgique 2016-2017

En lisant ces projets, vous remarquerez qu'il est question de pistes thérapeutiques pour un certain nombre d'entre eux. C'est grâce aux donateurs de tous les Téléthon que nous en sommes arrivés là. Nous vivons et nous participons à un événement historique !

Soutenez la recherche en Belgique sur les maladies neuromusculaires en versant votre participation sur l'un de ces comptes, les malades et les chercheurs comptent sur vous :

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ou
BE70 7512 0451 3325 (compte à vue)
BIC : AXABBE22

Titulaire : ABMM Aide à la Recherche asbl
rue Achille Chavée 52/02
7100 LA LOUVIERE

Attestation fiscale pour tout don de 40 EUR min/an

Merci d'avance de votre aide !


Projets retenus suite à la réunion du Conseil scientifique du 28/11/2015 à La Louvière

2015-2016/01 Étude de la différenciation de cellules musculaires FSHD et quantification de leurs forces contractiles

Promoteur : Sylvain Gabriele, Ph.D.
Université de Mons
Laboratoire Interfaces & Fluides Complexes
Faculté des Sciences- Bât. Mendeleïev
20, Place du Parc
7000 Mons

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

La dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD) est une maladie héréditaire complexe causée par la présence d’une protéine (DUX4) en trop grande quantité dans les muscles. DUX4 désorganise la structure et affecte le fonctionnement normal des cellules musculaires qui engendre un affaiblissement important des muscles des patients atteints de FSHD.

Ce phénomène de désorganisation est très difficile à étudier dans les conditions classiques de culture cellulaire et son impact sur les propriétés contractiles des cellules musculaires est rarement quantifié. Les cellules de muscle (aussi appelées myoblastes) prolifèrent en culture en occupant au hasard l’espace qui leur est accordé jusqu’à ce qu’elles se touchent et ne puissent plus proliférer. A ce stade de confluence, des groupes de myoblastes s’allongent et fusionnent pour former une cellule plus grande et plus forte (aussi appelée myotube). Les myotubes sont donc des cellules polynucléées qui contiennent les noyaux parfaitement organisés de toutes les cellules incorporées.

Notre projet consiste à utiliser une technique de micropatrons adhésifs pour étudier de façon standardisée les étapes de fusion/différenciation des myoblastes en myotubes. Le principe de la méthode que nous avons développé repose sur l’impression de motifs adhésifs de protéine de tailles micrométriques qui peuvent accueillir un nombre contrôlé de myoblastes (1 ≤ n ≤ 15). Les myoblastes sont alors contraints de fusionner sur l’espace délimité par les micropatrons pour créer des myotubes de formes et d’aires contrôlées. Cette technique permet donc de standardiser le processus de fusion/différenciation et d’en faire varier les paramètres clés lors d’expériences de vidéomicroscopie.

Ces micropatrons adhésifs peuvent en outre être déposés sur des surfaces de culture souples afin de quantifier les forces contractiles développées par les myoblastes et les myotubes. En effet, nous avons développé et validé une technique de microscopie à force de traction qui utilise la déformation du substrat de culture souple pour déterminer précisément l’intensité et la localisation des forces de contraction exercées par des cellules musculaires. Notre laboratoire a déjà pu démontrer sur cellules saines que les forces de contraction augmentent lorsque les myoblastes fusionnent en myotubes et a déterminer l’influence du nombre de cellules ayant fusionnées.

Ce projet de recherche propose d’utiliser les méthodes pluridisciplinaires développées dans notre laboratoire à l’étude de cellules FSHD afin de mieux comprendre la façon dont les défauts d’organisation du cytosquelette et des noyaux contribuent à la formation de myotubes déficients puis de déterminer les mécanismes qui donnent lieu à l’affaiblissement musculaire chez les patients atteint de FSHD par des mesures quantitatives des forces contractiles.

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2015-2016/02 Étude de nouvelles fonctions des protéines DUX4 et DUX4c impliquées dans la dystrophie musculaire facioscapulohumérale (FSHD) et dans la régénération musculaire

Promoteur : Frédérique Coppée, Ph.D., Chef de Travaux
Service de Biologie Moléculaire (Prof. Anne-Emilie Declèves)
Institut des Sciences et Techniques de la Santé
Université de Mons
Pentagone 3A, 6 Avenue du Champ de Mars
7000 Mons

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

Nous avons découvert de nouvelles fonctions pour le produit du gène DUX4 qui cause la FSHD et pour son homologue DUX4c qui est aussi induit dans la pathologie. La protéine DUX4 n'est détectée, en très faible quantité, que dans quelques cellules musculaires d’individus sains alors que DUX4c est présent à faible niveau dans la plupart de ces cellules. Des travaux antérieurs suggèrent que DUX4c aurait un rôle dans la capacité du tissu musculaire à régénérer. Ces deux protéines sont connues pour leur capacité à activer des gènes dans les noyaux des cellules de muscle FSHD.

En recherchant des protéines partenaires de DUX4/4c nous avons maintenant trouvé que celles-ci pouvaient exercer des fonctions inattendues à l’extérieur des noyaux comme au niveau du « squelette » de la cellule qui est très important pour la formation des muscles et leur régénération incluant la formation de fibres de contraction fonctionnelles. Différents partenaires sont communs à DUX4 et DUX4c. L’augmentation des taux de DUX4 pourrait donc entrer en compétition avec la fonction normale de DUX4c. De même des taux trop important de DUX4c à un moment inapproprié pourraient aussi interférer avec sa fonction normale. En effet, des cellules de muscles produisant trop de DUX4 conduisent à la formation de fibres musculaires atrophiques, ç’est à dire trop fines, n’ayant pas assez de « squelette » pour permettre une bonne contraction; et trop de DUX4c entraîne la formation de fibres musculaires désorganisées, çàd ne possédant plus de « squelette » structuré et donc des problèmes de contraction. La combinaison d’une surexpression de DUX4 et DUX4c entraîne quant à elle la formation de fibres à la fois trop fines et désorganisées. Ces anomalies peuvent être corrigées par des agents qui empêchent la production de DUX4 et/ou DUX4c. Nous proposons de réaliser des expériences pour comprendre ces nouvelles fonctions en dehors du noyau dans les muscles normaux et pathologiques. Nos études devraient mener à de nouvelles perspectives pour des stratégies thérapeutiques de la FSHD qui pourraient être étendues à d’autres maladies neuromusculaires présentant des problèmes de régénération ou de formation du « squelette » des cellules musculaires.

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2015-2016/03 Développement d’un modèle de cellules souches embryonnaires de CMT2 afin de tester des inhibiteurs de HDAC6 améliorés.

Promoteur : Prof. Dr. Ludo Van Den Bosch
Neurobiology
Department of Neurosciences
Campus Gasthuisberg, O&N4 PB 912
Herestraat 49
B-3000 Leuven

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

Par le passé, nous avons utilisé des modèles de rongeurs pour CMT2 qui sur-expriment le gène HSPB1 ou expriment une mutation endogène et inductible du gène Gars. Nous avons utilisé des neurones primaires de ganglion rachidien isolés de souris postnataux (DRG ; = sensitive). Par ailleurs, CMT2 est principalement caractérisé par la dégénération d’axones moteurs (et le nombre de DRG que l’on peut obtenir est limité).

Le premier objectif de ce projet est de générer un système de culture primaire de neurones moteurs. Nous utiliserons des cellules souches embryonnaires (H9-ESCs) afin d’introduire des mutations uniques du gène HSPB1 endogènes. Nous utiliserons la technique génomique de CRISPR-Cas9. Ces ESCs seront par la suite différenciées en neurones moteurs.

Le second objectif de ce projet est de déterminer si nous pouvons reproduire le déficit de transport axonal et la déacétylation de la protéine Tubulin que nous avons observé sur des cultures de neurones-DRG mutants issues de souris mutantes HSPB1 (d'Ydewalle et al., 2011) mais aussi sur des souris ENU-Gars (Benoy et al., en préparation). Si nous pouvons reproduire ces résultats, ces phénotypes pourront être utilisés pour développer de nouvelles méthodologies afin d’améliorer les inhibiteurs d’HDAC6.

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2015-2016/04 Involvement of TRPV2 and TRPV4 channels in the pathophysiology of Duchenne muscular dystrophy. Follow up study.

Promoteur : Philippe Gailly, M.D, Ph.D.
Université catholique de Louvain
Institut de Neuroscience
Laboratoire de Physiologie cellulaire
53 av. Mounier, Bte B1.53.17
1200 Bruxelles

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

La maladie de Duchenne se caractérise par une dégénérescence musculaire importante et précoce. Il s’ensuit une perte progressive de force qui est extrêmement invalidante. Nous étudions un modèle murin (souris mdx) de la maladie qui, comme le patient atteint de dystrophie, est déficient en dystrophine, une protéine du cytosquelette. La dystrophine constitue un lien physique entre la matrice extracellulaire (laminines...) et l’actine cytosquelette. Son absence rend la membrane apparemment plus fragile et le muscle dystrophique est ainsi particulièrement sensible à la contraction excentrique (perte importante de force lors de contractions musculaires répétées accompagnées d’un allongement musculaire).

Nous avons montré précédemment que l’absence de dystrophine provoque également un contrôle anormal des certains canaux ioniques membranaires. Ceci se solde par une entrée accrue de calcium dans la fibre musculaire ce qui pourrait entraîner l’activation de protéases calcium-dépendantes appelées calpaines, provoquer un dysfonctionnement mitochondrial et ainsi mener à la mort cellulaire.

Nous avons récemment montré que parmi les canaux ioniques mal contrôlés, deux isoformes jouent un rôle particulièrement important : TRPC1 contrôle la vitesse de migration des myoblastes et leurs différenciations en myotubes ; il est donc impliqué dans la régénération du muscle ; TRPV2 (ou TRPV4) semble activé par l’étirement et son inhibition semble protéger le muscle contre les dommages causés lors d’exercices excentriques ; il joue manifestement un rôle crucial dans la physiopathologie de la maladie.

Nous proposons de décrypter les mécanismes d’activation de TRPV2 / V4 ainsi que d’en décrire les caractéristiques pharmacologiques. Une meilleure connaissance de ce canal ionique nous permettra, nous l’espérons, de développer un traitement alternatif ciblé.

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2015-2016/05 Rôle senseur du récepteur métabotropique du glutamate mGluR5 dans la modulation des activités astrocytaires en conditions physiologiques et dans la sclérose latérale amyotrophique.

Promoteur : Pr Emmanuel Hermans
Full Professor Université catholique de Louvain
Research Director FNRS
Group of Neuropharmacology, Institute of Neuroscience IoNS,
Université Catholique de Louvain (UCL 54.10)
Avenue Hippocrate 54
B-1200 Brussels

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

La sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot) est une maladie neurodégénérative qui affecte spécifiquement les motoneurones. La mort de ces cellules qui contrôlent la motricité entraîne la paralysie accompagnée d’une importante fonte musculaire. A l’heure actuelle, la prise en charge médicale est essentiellement symptomatique et reste totalement insatisfaisante.

Alors que ce sont les motoneurones qui sont les principales victimes de la dégénérescence, il est aujourd’hui clair que les cellules gliales qui soutiennent ces neurones jouent également un rôle central dans la progression de la maladie. Ainsi, notre groupe s’intéresse à l’adaptation de ces cellules gliales (surtout les astrocytes) au cours de la maladie. Afin de répondre au mieux aux modifications de leur environnement, les astrocytes expriment à leur surface des récepteurs à diverses molécules, dont des récepteurs à des neurotransmetteurs et en particulier au glutamate, le transmetteur excitateur majeur du système nerveux central.

Les travaux envisagés dans ce nouveau projet visent à caractériser le rôle et le contrôle physiologique de la fonction du récepteur du glutamate nommé mGluR5 présent sur les astrocytes. Ces expériences sont réalisées in vitro, sur des cultures d’astrocytes dérivées de rongeurs sains, mais aussi au départ de rongeurs transgéniques qui portent une mutation responsable de la sclérose latérale amyotrophique. Notre hypothèse, largement consolidée par des résultats de notre laboratoire propose que les récepteurs du glutamate dans les astrocytes de rongeurs développant la maladie montrent des dysfonctionnements. Ces dysfonctionnements ne permettraient pas à l’astrocyte de s’adapter de manière optimale dans les conditions de stress oxydatif et inflammatoire rencontrées dans la maladie et n’assureraient pas leur rôle fondamental de protéger les neurones. Les résultats obtenus préciseront l’utilité de cibler ces récepteurs ou leurs partenaires cellulaires pour définir des approches thérapeutiques futures de cette maladie neuromusculaire.

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2015-2016/06 Les myopathies héréditaires : à la recherche des signatures de maladie en partant des génotypes simples

Promoteur : Prof. Dr. Jonathan Baets, MD, PhD
VIB - Department of Molecular Genetics
Neurogenetics Group
University of Antwerp - CDE
Universiteitsplein 1
BE-2610 Antwerpen

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

Les myopathies héréditaires sont un groupe de maladies rares, caractérisées par une dysfonction des muscles striés squelettiques. Le diagnostic est basé sur des caractéristiques cliniques, les résultats d’un électromyogramme et d’un examen IRM des muscles et l’interprétation d’une biopsie musculaire.

Bien que le spectre des gènes causals pour les myopathies héréditaires soit déjà très étendu, une part importante des patients reste sans diagnostic génétique jusqu’à présent. Dans ce projet on propose d’appliquer le séquençage de nouvelle génération (NGS) pour éclaircir l’architecture génétique des myopathies héréditaires. Nous avons sélectionné 50 patients sans défauts génétiques connus. Notre objectif est d’utiliser la robustesse des techniques innovantes afin d’identifier plusieurs gènes nouveaux. Ainsi on pourra améliorer à la fois le diagnostic moléculaire et approfondir notre compréhension des mécanismes pathologiques des myopathies héréditaires. Le but final est de trouver des points d’application pour des futures stratégies thérapeutiques.

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2015-2016/07 Identification de traitements pharmaceutiques potentiels à partir des mécanismes pathologiques communs de la maladie de Charcot-Marie-Tooth

Promoteur : Manisha Juneja, PhD
Peripheral Neuropathy Group
VIB Department of Molecular Genetics
University of Antwerp
Universiteitsplein 1
B-2610 Antwerpen

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est une des plus fréquentes maladies neuromusculaires héréditaires, avec une incidence de 1 sur 2500 individus. Cette maladie provoque un affaiblissement et une atrophie, des muscles du pied et de la main, qui sont la conséquence d’une dégénérescence des nerfs du système nerveux périphérique.

Après avoir travaillé sur l’identification des mutations génétiques responsables de ces maladies, notre équipe souhaite s’inscrire dans une approche translationnelle. Dans cette optique, le présent projet se propose de caractériser les mécanismes pathologiques communs (MPC) à plusieurs mutations responsables de la forme axonale de la CMT et d’identifier des composés thérapeutiques permettant de rétablir ces MPC et de traiter la maladie. Pour modéliser la CMT, nous avons choisi d’utiliser des iNeurones, des neurones développés à partir de cellules souches pluripotentes issues de biopsies de patients CMT.

Une analyse protéomique sera effectuée permettant la comparaison du protéome des iNeurones ayant les mutations associées au CMT et des iNeurones de patients d’âge et de sexe comparables. Les mécanismes pathologiques communs aux différentes mutations seront identifiés et validés in vitro et in vivo. Les MPC seront ensuite ciblés à l’aide de composés pharmaceutiques connus pour interagir avec ces MPC. Les composés thérapeutiques sélectionnés seront ensuite testés sur les iNeurones afin d’établir lesquels permettent de rétablir les MPC. Plus tard, des études pré-cliniques permettront d’évaluer le potentiel thérapeutique de ces composés.

Cette étude est la première impliquant de multiples gènes responsables de la CMT et, par là-même, revêt un potentiel thérapeutique important.

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2015-2016/08 Étude fonctionnelle de la signature microARN propre aux myopathies mitochondriales

Promoteurs : Professeur Patsy Renard
Professeur Thierry Arnould
Unité de Recherche en Biologie Cellulaire (URBC)
Namur Research Institute for LIfe Science (NARILIS)
Université de Namur

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

Les mitochondries sont des organites subcellulaires qui abritent la chaîne de transport d’électrons mitochondriale, principale productrice d’énergie de la cellule. Bien que ces organites contiennent un petit génome qui leur est propre, appelé génome mitochondrial, la plupart des protéines présentes dans les mitochondries sont codées par le génome localisé dans le noyau. Un « dialogue » permanent entre mitochondries et noyau permet d’assurer l’expression adéquate des gènes nucléaires, nécessaire au bon fonctionnement des mitochondries.

Les myopathies mitochondriales sont causées par des altérations génétiques qui influencent directement le fonctionnement de la chaîne de transport d’électrons de la mitochondrie, que ces défauts génétiques proviennent du génome mitochondrial ou du génome nucléaire. Le mauvais fonctionnement des mitochondries entraine, entre autres, un déficit énergétique, ce qui explique que les premiers symptômes affectent surtout les tissus musculaires et neuronaux, les principaux consommateurs d’énergie. Le dysfonctionnement des mitochondries affecte également le dialogue entre mitochondries et noyau, ce qui entraine des modifications d’expression des gènes nucléaires. Bien que plusieurs acteurs protéiques de ce dialogue soient déjà identifiés, nous pensons que des acteurs d’une autre nature, appelés microARNs, sont probablement aussi impliqués dans ce dialogue.

Ce projet vise à identifier les microARNs qui sont activés en réponse à un dysfonctionnement mitochondrial, typique des myopathies mitochondriales, et à comprendre leur rôle dans le contrôle de l’expression génique en réponse à un dysfonctionnement mitochondrial. Ce type de connaissance pourrait dégager de nouvelles perspectives dans le domaine des thérapies des maladies mitochondriales

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2015-2016/09 Stimulation des récepteurs à l’adiponectine : une stratégie thérapeutique contre les effets délétères du déconditionnement musculaire

Promoteurs : Prof. Alexandre LEGRAND, co-P.I. : Dr. Alexandra Tassin, Laboratoire de Physiologie et Réadaptation Respiratoire, Institut des Sciences et Technologies de la santé, Université de Mons (UMONS), Avenue du Champ de Mars, 6, 7000 – Mons

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

L’adiponectine est une hormone produite principalement par le tissu adipeux. Elle exerce ses actions via des récepteurs que l’on retrouve au niveau de différents organes (foie, cœur, vaisseaux sanguins, muscle strieé squelettique). Connue pour ses effets bénéfiques sur le métabolisme (anti-diabétique, hypolipidémiant) et sur l’inflammation, l’adiponectine a aussi une action protectrice sur le muscle cardiaque et le système cardio-vasculaire. Les stratégies visant à augmenter ses effets sont actuellement considérées comme prometteuses dans le contexte des maladies associées à l’obésité.

Les effets de l’Ad sur le tissu musculaire sont moins connus mais différentes études suggèrent que la perte des actions protectrices de l’adiponectine pourrait constituer un facteur aggravant dans de nombreuses maladies du muscle, héréditaires ou acquises. Grâce à une étude précédemment financée par l’ABMM, nous avons pu démontrer que l’entraînement physique chez la souris est capable d’augmenter le nombre de récepteurs musculaires à l’Ad, sensibilisant donc le muscle à l’action de cette hormone. Par contre, les effets de la sédentarité sur les composants de voie de l’adiponectine ne sont pas connus, même si une diminution de l’activité physique complique de très nombreuses affections.

Le premier objectif de ce projet sera d’étudier les effets de l’immobilisation sur la voie de l’adiponectine dans un modèle de souris. Notre second objectif sera d’étudier l’efficacité d’une substance stimulant le récepteur à l’Ad à contrer les effets délétères de cette immobilisation. Finalement, les effets bénéfiques potentiels de ce composé sur la régénération musculaire seront étudiés in vitro sur des fibres musculaires isolées.
Ces connaissances pourront servir de base à l’élaboration d’un traitement visant à maintenir les effets protecteurs de l’adiponectine sur le muscle et ce, dans de nombreuses pathologies musculaires, dans le but d’en ralentir la progression et d’améliorer la qualité de vie des patients.

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2015-2016/10 Caractérisation de l'accumulation des osmolytes dans les tissus musculaires de patients atteints de myopathies inflammatoires idiopathiques et de la dystrophie musculaire de Duchenne

Promoteur : Boel De Paepe, PhD
Post-doctoral Reseacher
Ghent University
Neuromuscular Reference Center & Department of Neurology
Laboratory for Neuropathology
prof. dr. Jan De Bleecker
UZ 10K12E
De Pintelaan 185
9000 Ghent

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

Les Myopathies Inflammatoires Idiopathiques sont dues au malfonctionnement du système immunitaire, aussi désignées sous le nom de maladies auto-immunitaires.

Les myopathies inflammatoires comportent différentes entités, parmi la dermatomyosite, la polymyosite et la myosite à inclusions sont les mieux connues. La Maladie de Duchenne, au contraire, est une maladie des muscles liée à la mutation du gène de la dystrophine, une protéine essentielle pour le fonctionnement normal du muscle. Ainsi que dans les myopathies inflammatoires, les muscles des patients atteints de la Maladie de Duchenne souffrent d’infiltration inflammatoire important.

Dans les tissus humains, différentes interactions existent entres les voies inflammatoires et les voies osmotiques, dont la nature exacte est encore mal connue.

Grâce à ce projet, nous enquêterons sur le rôle des processus osmo-régulatoires dans les maladies qui causent d’inflammation musculaire. En effet, afin de pouvoir fonctionner correctement, les cellules doivent maintenir des condition iso-osmotique, accumulent des osmolytes organiques générés ou importés par des transporteurs membranaires. Ainsi les tissues réussissent à rétablir l’équilibre cellulaire sans compromettre les fonctions vitales de cette dernière. L’objectif de ce projet est bien la caractérisation approfondie de la voie de signalisation moléculaire responsable pour l’accumulation des osmolytes dans les muscles des patients. Ces études devraient nous permettre de mieux comprendre la pathophysiologie de la Maladie de Duchenne et les Myopathies Inflammatoires, aidant ainsi le développement d’une stratégie thérapeutique innovante.

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2015-2016/11 CARACTERISATION DES MECANISMES MOLECULAIRES CONTROLANT LA SPECIFICATION DES INTERNEURONES V1 ET ETUDE DE LEUR IMPLICATION DANS LA SCLEROSE LATERALE AMYOTROPHIQUE

Promoteur : Bellefroid Eric
Université Libre de Bruxelles
Institut de Biologie et de médecine Moléculaire, ULB Neuroscience Institute
Rue des Profs. Jeener et Brachet, 12
6041 Gosselies

Budget : 20.000 EUR - Ce projet a été financé grâce à vos dons !

La sclérose latérale amyotrophique, également nommée maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative des neurones moteurs. La perte de ces neurones qui contrôlent la motricité entraîne une paralysie progressive de l’ensemble de la musculature accompagnée d’une fonte musculaire. Aucun traitement efficace n’existe actuellement pour empêcher le déclenchement ou retarder l’évolution de cette maladie.

Les mécanismes à l’origine de la dégénérescence spécifique des neurones moteurs sont actuellement encore mal connus. Une des causes possibles de la maladie serait un processus d’excitotoxicité du à une inhibition insuffisante de leur activité. Celle-ci serait liée à la dégénération et la perte d’un autre type particulier de cellules nerveuses, les interneurones inhibiteur V1, qui interviennent comme chaînon intermédiaire dans les circuits nerveux contrôlant les mouvements rythmiques de la locomotion et qui répriment directement l’activité des motoneurones.

Dans notre laboratoire, nous avons récemment découvert un gène (Prdm12) codant pour un régulateur clé de la formation de ces interneurones inhibiteurs V1. Ainsi, dans les souris où ce gène a été invalidé, aucun neurone inhibiteur V1 ne se différencie. Malgré son importance dans la spécification de ces interneurones inhibiteurs V1, le mécanisme d’action précis de ce facteur Prdm12 reste mal connu.

Notre objectif dans ce projet est donc, d’une part, de mieux comprendre le mécanisme d’action de ce facteur Prdm12 dans la génération de cette importante population d’ interneurones inhibiteurs et, d’autre part, d’analyser dans notre lignée de souris déficiente pour le gène Prdm12 les conséquences de l’absence de neurones V1 sur la génération et la survie des neurones moteurs. Les travaux que nous proposons devraient permettre de mieux définir le rôle des interneurones inhibiteurs V1. Ils pourraient ainsi permettre le développement de nouvelles stratégies thérapies de cette maladie neuromusculaire. Le gène Prdm12 contrôlant également le développement d’autres types spécifiques de cellules nerveuses, notamment celles impliquées dans la perception de la douleur, les résultats de cette étude pourraient également avoir un impact dans le traitement de la douleur.

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Les 11 projets de recherche soutenus par le Téléthon Belgique 2015-2016







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